Il semble évident que l’immigration africaine, notamment irrégulière, vers l’Europe a pris des proportions qui obligent à « créer » d’autres façons de répondre au problème. Les itinéraires sont nouveaux, le phénomène des « boat people » s’accroît, la prise de risque dépasse les limites, les réseaux de trafiquants et de passeurs s’étendent, s’élargissent et se diversifient. Les migrants potentiels continuent à ne pas avoir accès à des perspectives pour leur avenir et leur bien-être ; ils continuent d’être victimes de discriminations, d’injustices, et de conflits. Tout cela dans un contexte où les personnes vivent par « procuration » à travers les médias et l’Internet.
Le contexte politique, lui aussi change. Il doit tenter de s’adapter, ou tout au moins essayer d’apporter des réponses. Malencontreusement celles-ci sont plus souvent teintées d’aspect sécuritaire. On peut citer à titre d’exemples : la mise en place de programmes de gestion et de sécurisation accrues des frontières extérieures de l’Union Européenne, ou encore la mise en place de certains accords de réadmission liant les pays de l’UE aux pays tiers. Les besoins de concertation suivie se font ressentir de façon plus urgente, entre acteurs des pays d’origine, des pays de transit et des pays de destination.
La rencontre que le C.I.S.P organise à Bamako en octobre prochain s’inscrit tout à fait dans ce souci de concertation, de dialogue, d’information et d’échanges. Elle se veut un espace de réflexion et d’information sur les questions migratoires vues des pays d’origine (représentés par les pays de l’Afrique de l’Ouest), des pays de transit (représentés par les pays du Maghreb) et des pays de destination (représentés par la Délégation européenne). Elle permettra une mise en lien des différents intervenants des sociétés civiles subsahariennes et maghrébines sur la thématique commune des migrations sur le continent africain, et des institutions et organismes internationaux en charge de cette problématique.
Elle constituera un espace de restitution de plusieurs études inédites faites sur les réalités de l’immigration de transit vers l’Europe (concernant les migrants subsahariens au Maghreb) et d’évaluation sur l’immigration des pays d’origine subsahariens et depuis les pays le Maghreb (communément appelée « harragas »).
Le concept de « pays de transit » pour les migrations sera revisité : certains pays subsahariens, dont le Mali et le Niger, se présentent de nos jours comme également des pays de transit et d’origine, exactement comme certains pays du Maghreb.
Cette rencontre sera un cadre de discussion sur les liens entre les situations (dans les pays de transit et d’origine), les enjeux, les attentes, les aboutissements, et leurs retombées pour les espaces d’origine, les espaces de transit, et les espaces de destination. Il y sera aussi question de mettre en avant la valorisation du capital humain, financier et technique de la diaspora et l’amélioration des connaissances sur les phénomènes migratoires (entre autres les conditions juridiques de la migration, les dangers de l’émigration clandestine, les services d’orientation et de conseil aux candidats à l’émigration et aux émigrés de retour au pays].
Cette rencontre coïncidera avec la création du Centre d’Information et de Gestion des Migrants en abrégé le « C.I.G.E.M », ayant pour objectif global : « la définition et la mise en Å“uvre d’une politique migratoire malienne adaptée aux dynamiques nationales, régionales et internationales en constante évolution, mettant un accent particulier sur le lien entre migrations et développement ».
Notre proposition d’articulation de ces deux événements a pour objectif d’identifier des propositions d’intervention pour une autre vision et une autre perception de la problématique migratoire sur le continent africain.
Il s’agira donc de :
Porter un regard éclairé sur les différentes actions et réalisations du moment dans le domaine migratoire dans la région, en Afrique de l’Ouest, plus particulièrement au Mali, et dans le Maghreb.
Ce qui pourrait se traduire par : Qu’en est-il du niveau des attentes par rapport aux migrations en Afrique actuellement ? Quelle typologie de l’immigration en Afrique ? Le soutien aux retours (aux migrants irréguliers et aux diasporas) et le co-développement sont-ils toujours pertinents ? Quel rôle alors attribuer aux diasporas ? Qu’en est-il du niveau d’information sur les réalités migratoires aussi bien dans les pays d’origine que dans les pays de transit ?
Discuter des prises en charge de la question de l’immigration de transit dans les différents espaces envisagés. Ce qui pourrait se traduire par : Quelles prises en charge de la question de l’immigration de transit par les associations maliennes et/ou sub-sahariennes en pleines préoccupations socio-économiques et en plein explosion des départs ?
Discuter des priorités à venir et des moyens à mettre en place
Reparler du rôle de la société civile
Rediscuter du montage et de la pertinence de réseaux. Quelles formes de collaborations, d’échanges et de renforcement des sociétés civiles ? Quelle forme de montage de réseau ?
Discuter du soutien au développement dans les pays d’origine : est-ce la référence ?
Reparler des droits des migrants irréguliers dans les différents espaces de transit et de destination.
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- Présentation Bamako