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Rencontre autour de la Migration à Alger

Migrations Irrégulières au Maghreb, Contextes et Champs d’Action

Le Comité International pour le Développement des Peuples, en collaboration avec le Réseau Afrique Migration organise les 16 et 17 décembre à Alger deux journées de rencontre dans la perspective de faire un état des lieux concernant les enjeux de la prise en charge du phénomène migratoire au Maghreb.

Présentation

Le Comité International pour le Développement des Peuples , en collaboration avec le Réseau Afrique Migration (R.A.M.) organise deux journées de rencontre à Alger dans la perspective de faire un état des lieux concernant les enjeux de la prise en charge du phénomène migratoire dans le Maghreb.

L’immigration irrégulière harraga a pris des proportions importantes ces derniers temps, en particulier depuis l’année 2006. Un vrai « phénomène de mode », qui malheureusement se termine quelques fois par des drames, même si le taux de succès, c’est-à-dire le pourcentage de ceux qui réussissent à atteindre les côtes européennes (côtes espagnoles, italiennes ou maltaises) semble important.

Ceci se passe dans un contexte de verrouillage concerté des frontières des pays riches de manière toujours plus importante : en témoigne la mise en place de programmes de sécurisation accrue des frontières (patrouilles en mer et dans les airs).

Mais les différents programmes de surveillance des frontières mis en place semblent ne pas parvenir à décourager des personnes que tout espoir d’un lendemain meilleur chez elles a quitté et qui surestiment les opportunités attendues dans les pays plus nantis. De plus, les dangers de la traversée de la Méditerranée sont bien connus par les migrants ; et la prise de risques, aussi inconsciente soit-elle quelques fois, dépasse de plus en plus l’imaginable.

L’accroissement continu depuis le début des années 90 du nombre de subsahariens candidats au départ et les changements économiques et politiques en Afrique de l’Ouest ont fait évoluer le profil des migrations internationales de la région, qu’il s’agisse de migrations économiques ou forcées . Associées au durcissement des contrôles aux frontières de l’Europe, elles témoignent aujourd’hui de l’émergence du Maghreb comme espace de transit ou d’immigration finale pour un nombre grandissant de migrants réguliers ou non .

L’examen des mouvements migratoires en Afrique de l’ouest depuis les indépendances fait apparaître clairement l’impact des bouleversements économiques et politiques sur leurs lieux d’origine et/ou leurs destinations.

Dans son article « le Maghreb et les migrations de transit : le piège », Hassan Boubakri résume ainsi la situation : « au moment où l’Europe ne pense qu’à fermer ses portes et à renforcer ses verrous face aux mouvements migratoires, l’Afrique ne cesse (…) de réunir les conditions qui exacerbent ces mouvements : chômage, sous-emploi et difficultés économiques et sociales au Maghreb ; conflits, guerre civiles et pauvreté en Afrique ». L’abandon par la Libye de sa politique panafricaine favorable à l’accueil de travailleurs en provenance des Etats subsahariens et la crise politique et économique que connaît la Cote d’Ivoire depuis 1999 ont détourné un grand nombre des candidats à l’émigration de ces deux destinations autrefois privilégiées.

La conjonction de ces facteurs modifie considérablement la position des Etats maghrébins, lesquels cumulent désormais les trois dimensions du phénomène migratoire en tant que pays d’origine, de destination et de transit. Fait nouveau également, certains pays d’Afrique subsaharienne les rejoignent dans cette dernière catégorie.

Il en résulte que la distinction classique entre pays de transit et de destination tend désormais à s’estomper alors que nous assistons à la modification ces dernières années de la position des Etats du Maghreb, confrontés à un phénomène qu’ils toléraient parce qu’ils le jugeaient peu visible, temporaire ou encore localisé s’agissant des zones de migrations circulaires traditionnelles comme dans le Sud algérien. Cette situation nouvelle pose la question du rapport entre les migrants et leurs espaces d’accueil avec une acuité renouvelée.

Enjeu majeur pour les Etats du Maghreb et l’Europe, ces acteurs institutionnels ont inscrit la gestion des migrations au rang des priorités de leur politiques publiques et multiplié les actions et décisions tendant au renforcement des contrôles aux frontières : réformes législatives au Maroc en 2003, en Tunisie en 2004, en Algérie en 2008 ; durcissement des régimes d’entrée et de séjours des étrangers dans la plupart des Etats européens ; accélération de la construction d’une politique communautaire en matière d’immigration illégale, notamment depuis les évènements tragiques de Ceuta et Melilla. Les pays du Maghreb ont intégré les orientations européennes dans leurs intérêts nationaux propres et font valoir ceux-ci dans le cadre d’un dialogue euro-méditerranéen de plus en plus étroit sur ces questions.

La rencontre organisée par le CISP se veut un espace de réflexion, d’information, d’échange et de partage sur l’intérêt et la volonté des différents acteurs à œuvrer sur ces questions migratoires dans des contextes sociaux, économiques et politiques en évolution constante.

Des représentants des pays d’origine des migrants, des pays de transit et des pays de destination, acteurs étatiques et non étatiques, associatifs et chercheurs, donneront leurs points de vue et échangerons sur le phénomène dans le cadre de tables rondes. Elle constituera l’espace de restitution d’un rapport du CISP/RAM sur les réalités de l’immigration irrégulière vers l’Europe dans la région, notamment l’immigration subsaharienne.

Les enjeux de la prise en charge de la problématique migratoire se présentent alors sous des dimensions différentes et nouvelles. Les migrations irrégulières interpellent tout autant les acteurs étatiques que ceux de la solidarité, internationaux ou locaux, en ce qu’elles exposent des populations vulnérables à des circonstances de déplacements et de séjour particulièrement précaires.

L’ampleur du phénomène, ses répercussions, invitent à se pencher sur les déterminants et contextes des migrations avec d’autant plus d’attention et d’urgence qu’elles engagent les droits fondamentaux des migrants.

Ce travail, effectué par des acteurs de terrain, doit permettre d’une part de fournir les éléments de dialogue et de conviction auprès des institutions publiques compétentes pour une meilleure prise en compte des éléments essentiels à la protection des migrants et d’autre part de concevoir au mieux les actions possibles aux côtés de ces derniers. Cet objectif fonde le projet du Réseau Afrique Migrations .

Il s’agira donc de

- Diffuser le rapport annuel

- Discuter des différents enjeux de prise en charge de la question migratoire dans la région. Ce qui pourrait se traduire par :

- quelle intervention, quel rôle et quel positionnement de la société civile ?
- quelles priorités à venir et quels moyens à mettre en place ?
- quel travail de réseaux à mettre en place, pour quelle pertinence ?
- quelle défense des droits des migrants à mettre en place ?

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